L'histoire de Tarouquela explique assez bien les témoignages artistiques, laissés par les différentes époques de cette Église qui fut monastique. Bien que la fondation du Monastère Sainte-Marie de Tarouquela remonte au XIIe siècle, les éléments romans renvoient à une chronologie plus récente, se situant déjà au début du XIIIe siècle.
L'architecture et l'ornementation de cette Église romane reflètent ce qui a été fait de mieux sur ce territoire. La sculpture sur les portails, les ouvertures, les chapiteaux, les modillons, le tympan et le chevet témoignent d'une richesse artistique qui veut, par-dessus tout, faire passer un message symbolique.
Une partie de cette sculpture prétend avoir une mission pédagogique, c'est-à-dire faire passer le message de Dieu : à l'époque médiévale, l'église était vue comme l'image terrestre de la Maison de Dieu. Dans ce contexte, l'Église de Tarouquela montre clairement, par le biais de ses formes et sa sculpture, la mission catéchétique des bâtiments romans sur notre territoire.
L'ornementation de la sculpture du chevet, à la fois à l'extérieur et à l'intérieur, incarne l'un des plus beaux exemples de l'architecture romane au Portugal. Malgré l'agrandissement réalisé pendant l'époque moderne (XVIIe / XVIIIe siècle), pour recevoir le maître-autel, l'appareil roman fut utilisé, comme en témoigne la présence abondante d'acronymes des tailleurs de pierres.

À l'intérieur, il faut souligner les sculptures à thème bénédictin : des animaux ayant une fonction apotropaïque (protection contre le mal), deux hommes avec une seule tête, des serpents, une sirène, un homme entre deux oiseaux, les palmettes de Braga et la décoration de nature géométrique.
Un autre élément intéressant est l'autel roman de la consécration et son tabernacle, inséré dans l'une des arcades aveugles du sanctuaire, du côté de l'épître. La décoration de l'arc triomphal doit être aussi soulignée car elle se caractérise surtout par une ornementation d'animaux qui s'affrontent.
Les modillons sont également uniques et représentent les faiblesses humaines telles que l'exhibitionniste, c'est-à-dire l'homme accroupi tenant ses organes génitaux. Sur l'élévation du côté gauche se trouve une représentation d'une femme exposant son sexe.
Cependant, c'est le portail principal qui attire l'attention de ceux qui visitent cette Église. Sa composition reflète un programme décoratif très complexe, étant considéré comme l'un des exemples les plus curieux de la sculpture romane portugaise.

Dans cet espace, il faut mettre en évidence le travail des chapiteaux, mais ce sont les soi-disant chiens de Tarouquela qui surprennent le plus. Ils sont placés sur les impostes, de chaque côté du portail, et peuvent être décrits comme deux quadrupèdes dont les mâchoires tiennent des corps humains nus, qui pendent par les pieds. Cet élément de nature apotropaïque témoigne de la volonté d'éloigner les forces du mal.
Adossée à l'élévation latérale droite de l'Église se trouve la Chapelle funéraire de Saint-Jean-Baptiste (aujourd'hui la sacristie), qui a été créée par Vasco Lourenço à la fin du XVe siècle.

Jusqu'en 1980, l'intérieur abritait quelques tombeaux qui se trouvent actuellement à l'extérieur. Nous ne savons pas qui sont les défunts. Toutefois, certains symboles sur les pierres tombales nous donnent quelques indices, comme la représentation d'une épée et le bourdon d'une abbesse.
Bien que l'image actuelle de l'intérieur de l'Église découle, en grande partie, d'une restauration réalisée dans les années 1970, il est sûr que celle-ci eut, autrefois, cinq autels. Aujourd'hui, il n'existe plus que le maître-autel et un autre, du côté gauche de la nef, les deux s'encadrant dans l'esthétique baroque.
Sur les autels latéraux (des tables d'autel en pierre) ressortent les quelques traces de peinture murale qui affichent d'intéressantes barres décoratives de style manuélin.
La sculpture en relief moyen représentant la Vierge intronisée, allaitant l'enfant, Jésus est un travail remarquable qui date de 1500, en provenance d'un atelier à Bruxelles (ou une production de Malines).
Dans cette représentation de Sainte-Marie-Majeur, placée sur une console sur le retable principal, du côté de l'évangile, le hiératisme médiéval de la position majestueuse se parfait d'une virtuosité qui semble faire appel à la piété moderne.